Et il était temps !
Et il était temps !
À Picarrou, le 01/05/2012,
Aurélien Vitrac
205 route de Saverdun
Picarrou
31550 CINTEGABELLE
Parti Radical
1, place de Valois
75 001 PARIS
Madame, Monsieur,
En adhérant il y a quelques mois à votre parti, j'avais le sentiment d'adhérer un parti indépendant, se posant en gardien des valeurs républicaines, prêt à mettre au suffrage du peuple un véritable projet, défendant la République, la solidarité, l'écologie, et l'Europe. Quelques jours plus tard Jean-Louis Borloo annonçait qu'il renonçait à se présenter à l'élection présidentielle. Passée la déception je me suis fait l'illusion que cela ne préjudiciait en rien le projet du Parti Radical et de l'Alliance Républicaine, Écologiste et Sociale qui pourrait s'exprimer lors des élections législatives.
Toutefois, M. Borloo a choisi de supporter le candidat sortant, Nicolas Sarkozy. Si je m'étais tourné vers vous c'est justement par grande déception pour l'action M. Sarkozy. Lors de son mandat,
le président de la République s'est attaché à entretenir les inégalités, à diviser les français. Je ne dis pas que l'ensemble de son action fut mauvaise, la Question Prioritaire de
Constitutionnalité et la réforme des retraites sont des points positifs ; mais que sont-ils par rapport au populisme de sa politique sécuritaire, par rapport au discours de Dakar empreint d'un
véritable racisme néo-colonial, par rapport au dépècement de l'École républicaine, de la Justice. Ses réactions pendant la crise, si elles ont évité le naufrage, ne portent qu'à court terme,
elles ont d'ailleurs été renouvelées moult fois. L'austérité absolue n'est pas la solution, à force de jeûner on meurt de faim ! La TVA sociale touche tout un chacun, pourquoi ne pas avoir
augmenter les prélèvements sur les plus riches, supprimer les niches fiscales ? Jean-Louis Borloo le souhaitait, mais pour ne pas perdre la majorité, il s'est renié. Aujourd'hui qui soutenez-vous
? Celui qui avant-hier à Toulouse a sacrifié le destin européen de la France pour son propre destin, cela s'inscrivant dans une course folle vers l'extrême droite. Cultivant le renfermement
national, le repli sur soi, la récolte ne peut être que la haine de l'autre, la peur de la différence. Est-ce cela les valeurs radicales ? Est-ce donner une présomption de légitime défense aux
policiers ? Est-ce refuser l'égalité des droits pour tous les couples ? Est-ce dans un clip de campagne montrer un panneau « douane » écrit en arabe, pour bien montrer qui sont ceux qui
ne sont pas les bienvenus ? Est-ce renier l'écologie et foncer vers le nucléaire ? Non, mille fois non.
Je pourrais énumérer longtemps ; les incompatibilités entre le projet que vous aviez présenté et la feuille de route du candidat sortant sont béantes, évidentes ! J'aime la France, j'aime la
République, j'aime l'Europe ! C'est pour cela qu'aujourd'hui je ne peux demeurer plus longtemps dans vos rangs, vous trouverez ci-joint ma carte d'adhérent. Notre pays mérite mieux que la haine,
il mérite mieux qu'un président tentant tout pour sa réélection, il mérite mieux que l'hypocrisie et le mensonge permanent. La France mérite bien un espoir. Cet espoir de changement raisonnable
Nicolas Sarkozy l'a incarné en 2007, il n'a pas tenu ses engagements ; c'est pour moi aujourd'hui une évidence que de me tourner vers le candidat socialiste, pour la solidarité, l'égalité et la
justice.
Cordialement,
Aurélien Vitrac
Par Aurélien Vitrac
Je l'ai rappelé - s'il était besoin... - il y a quelques temps, nous sortons d'un quinquennat où la République a servi de paillasson à un homme ambitieux. La démocratie qui a été il y a plus de deux cents ans ardemment conquise a été mise à mal par le jeu du copinage, d'un pouvoir législatif n'étant qu'un humble mouton de l'exécutif, d'une justice souillée par les suspicions de nominations partisanes.
Toutefois, la démocratie n'est pas morte, et même si en mauvais perdants les membres de la majorité actuelle souhaiteraient se voir attribuer plus de temps de parole que les autres (sic), souhaiteraient voir changer les règles d'annonce des résultats, dimanche les règles n'auront pas changé, ce sont les citoyens français qui glisseront leur bulletin de vote dans l'urne et choisiront sans nul doute, la fin de l'affront, la fin de la suffisance, la fin de l'abus : le changement.
Les lecteurs de ce blog - si tant est qu'il y en ait - seront sans doute surpris de voir quel choix est aujourd'hui le mien pour le premier tour de cette élection présidentielle tant attendue. Moi qui me suis laissé berner par Nicolas Sarkozy en 2007, je me tourne à présent vers la candidate d'Europe Ecologie - Les Verts : Eva Joly. Certains diront que je suis instable, je les laisse dire. Au fond, j'ai toujours les mêmes valeurs mais j'ai simplement pris conscience de certaines choses et par la même me suis rendu compte que celle qui représentait mes convictions n'était pas celle que je pensais. Je crois en l'Europe ; en une Europe bâtie sur les ruines de la haine qui s'érige en garante de la paix, de la tolérance, de la solidarité ; une Europe avec son propre système monétaire ; une Europe forte. Je crois en l'état providence. Certains me diront qu'il empêche la réussite, sans doute parce qu'il ne regarde que les courbes et ont les yeux figés sur l'Allemagne. Je n'ai toutefois pas la même vision de la réussite qu'eux ; pour moi la réussite d'une Nation c'est de voir son peuple uni et heureux. Là est, je crois, le point clef. Là est mon idéal autour duquel se greffe en toute logique toutes mes valeurs.
Des valeurs de liberté, de tolérance, de respect et d'égalité ; il faut que chacun puisse vivre sa vie comme il l'entend tant qu'il ne dérange objectivement personne, il ne faut pas qu'il puisse être inquiété pour cela ; il faut qu'à chaque situation semblable le même droit soit applicable. Cela simplement parce que c'est la base de toute cohabitation humaine.
Je crois en le travail, pas au labeur, mais à la consécration de soi. Il y a les idiots, comme la majorité sortante, qui se servent du travail pour stigmatiser, faire acte de démagogie. Et puis il y a ceux qui comme moi pensent que dans dans une société humaine, chacun doit avoir un rôle qui lui correspond, dans lequel il trouve le bonheur. Et non le bonheur n'est pas gnangnan, il est simplement à mon sens, le sens de la vie.
Je crois en la solidarité et en la fraternité. Elles sont les socles d'une société juste. Sans elles le travail est le labeur. Je crois en elles car elles permettent d'instruire l'enfant pour l'élever vers où IL souhaitera aller, de soigner le malade, d'aider le plus faible. Alors non, elles ne rapportent rien, non, le social ne rapporte rien, tout au moins à court terme où il ne crée que le bonheur, mais une vision à long terme - qui manque tant ! - nous montre qu'il est essentiel. La course au profit, à la victoire, la soif du pouvoir ne termine-t-elle pas par la folie d'un homme qui se retrouve seul ? Les tragédiens ne nous l'ont-ils pas assez répété ? Merde !
Je crois aux familles. Pour moi, elles sont plurielles. Elles sont nid du bonheur et source d'espérance. Qu'elles se reposent sur un amitié ou sur un amour, elles tissent les liens entre les hommes dont ils ont tant besoin. Elles permettent de construire un avenir à un petit être et ainsi de rendre le bonheur éternel, qu'il se construise naturellement ou par la noblesse d'une main tendue à un enfant délaissé dans le malheur.
Bref, telles sont donc mes valeurs que l'on peut au fond résumer en un mot : la justice.
Il me semble inutile de préciser que la société dans laquelle nous vivons est bien loin d'avoir fait de mes valeurs une réalité effective. Le chemin pour redresser la barre va être long mais il n'est pas impraticable. Sa première étape, c'est assurer l'avenir, l'espoir. Ce n'est pas avec l'austérité que l'on assure l'avenir, ah oui elle renfloue l'austérité ! Mais il vient un moment où à force de jeûner on meurt de faim. L'assurance de l'avenir, c'est l'écologie.
Pour se développer, l'homme a innové, a puisé dans les ressources de la terre, cela est essentiel. Toutefois, pour que ces ressources puissent servir aux générations futures il est nécessaire bien évidemment qu'elles soient encore là, et ensuite que leur utilisation ne dégrade pas le cadre de vie des hommes. Ces objectifs pourtant synonimes de durabilité n'ont en rien été respectés. Si l'on veut un monde pour nos enfants, il faut respecter ces deux objectifs. Il est possible de les respecter dans une mesure raisonnable. Ce sont donc les forces de la Terre qu'il convient d'utiliser. La force du vent, des cours d'eau, des courants marins, et l'énergie dégagée par la Soleil. "C'est coûteux !" me répondront les idiots qui s'enrichissent sur le pétrole et misent tout sur le nucléaire. Energie pour laquelle la gestion des déchets est un véritable problème puisqu'ils sont radioactifs et ce sur plusieurs milliers d'années, et surtout énergie qui n'est pas inépuisable ! Un jour donc il faudra s'en passer, pourquoi attendre ce jour en prenant bien soin de rendre les sols radioactis ce qui provoque des cancers - entre autres - en attendant ?! Cela me semble une absurdité. Oui, les énergies renouvellables ne sont pas tout à fait au point et sont chères, mais c'est parce que par choix financier on n'a pas souhaité y investir. Il est maintenant largement temps, la transition écologique, fruit de très nombreux emplois (!), c'est maintenant ! Et c'est avec Eva Joly !
L'argent, l'argent ! La finance ! Cette criminelle impunie, nécessaire mais obsession des cupides, mobile des injustices. Peut-on posséder de l'argent à l'infini ? Je ne saurais répondre à cette question. Il faut simplement accepter la solidarité. Redresser le pays demande des fonds, pour le bien commun, c'est à la société de payer, à ceux qui ont les moyens de le faire. Est-ce déraisonnable de dire que la part de revenu supérieure à 500 000 € comme le demande Eva Joly, ou à 1 million comme le souhaite M. Hollande, soit imposée à 75% ? C'est quoi un million d'euros ? Cela ne suffit-il pas pour le bonheur ? Donner cela, sans mérite à ses enfants n'est-ce pas en faire des cupides, suffisants ? Alors on nous dit, mais vous êtes fou ! Et l'évasion fiscale ? D'une part les riches qui étaient partis ne sont pas revenus en 2007... et d'autre part pour assurer une justice fiscale, il semble être une nécessité absolue de lutter contre corruption, évasion fiscale, et autres fraudes fiscales, et ça c'est aussi avec Eva Joly ! Présidente de la commission développement au parlement européen, elle oeuvre aux côtés d'autres pour cela. Cela passe par une moralisation des finances, la fin de l'impunité due à la proximité des fraudeurs avec le pouvoir (et ça en élisant une incorruptible ce sera terminé !), la fin des paradis fiscaux, et pour avoir la force nécessaire c'est avec une Europe forte qu'il faut le faire ! On estime à 30 milliards d'euros par an ce qui échappe aux finances publiques par le biais des diverses fraudes. Vous rendez-vous compte de ce que l'on peut faire avec 30 milliards d'euros ? De plus, la fin de la corruption c'est aussi porter un grand coup aux pollueurs, m'est-il nécessaire de citer le nauffrage de l'Erika, où l'affaire Elf qu'Eva Joly connaît bien pour "à tout prix" avoir instruit ce dossier ? La fin de la corruption, la moralisation des finances, c'est maintenant, ça rapporte, ça aide au développement du pays, et c'est avec Eva Joly !
Je parlais à l'instant de l'Europe. Elle est essentielle. C'est elle qui nous donne une stature internationale d'importance. C'est avec elle que nous aurons la force d'agir, parce que la plannification écologique nationale de M. Mélenchon ne sert à rien mais qu'il faut l'étendre à l'Europe, au Monde, montrons la voix, nous en serons fiers ! L'Europe fédérale, qui tire son pouvoir des peuples des différentes Nations, l'Europe juste et puissante, c'est maintenant, et c'est avec Eva Joly.
L'égalité aussi, c'est avec Eva Joly, ceux qui veulent le bonheur du peuple - et non pas des seuls puissants - n'ont pas peur de l'instruire. Il faut l'égalité devant l'instruction, par l'engagement de moyens considérables. Il faut l'égalité devant la santé, avec idem des moyens ! Des moyens encore pour l'institution judiciaire ! Il faut l'égalité devant la Justice, et pour cela l'indépendance du parquet, aujourd'hui dans le pays des droits de l'homme ceux qui ont l'opportunité des poursuites sont dépendants de l'exécutif, ce n'est plus acceptable. L'égalité et le respect de la dignité des hommes en donnant le droit à deux personnes de se marier et de fonder une famille en rendant le sourire à un petit être auquel le bonheur a tourné le dos, ce quelque soit leur sexe ! C'est maintenant et c'est avec Eva Joly !
Il faut bien sur, le respect la dignité des hommes. Leur laisser ce droit ultime de mettre fin à ses jours lorsque d'espoir il n'y a plus. C'est aussi maintenant, et c'est avec Eva Joly !
En quelques lignes, voici donc les principaux axes du programme d'Eva Joly qui m'ont convaincu. Mais Eva Joly ce n'est seulement un programme d'écologie politique, c'est aussi une femme remarquable et admirable. C'est celle qui est arrivée en France nous apportant la richesse du nord, qui a commencé comme jeune fille au pair pour être aujourd'hui candidate à l'élection présidentielle. C'est celle qui a décidé de concrétiser l'idée que la justice est la même pour tous. C'est celle qui a mis à genoux les puissants, les confrontant à leurs actes.
C'est une femme de mérite, qui a toujours avancé dans l'idée qu'elle se faisait de l'intérêt général. Elle fait sa campagne comme elle le peut, avec ce qu'elle est : une bible de justice.
Aujourd'hui françaises, français, elle vous a écrit une lettre :
Par Aurélien Vitrac
Lundi 19 mars 2011, 8h45, je sais.
« N'ont-ils pas assez souffert injustement pour pouvoir exister ? Combien faudra-t-il de morts ? Ça ne s'arrêtera jamais... ».
Le temps s'arrête, la scène est irréelle, pourtant elle est bien arrivée, un homme a tiré sur d'autres hommes. Comme ça, un homme a tué des enfants ; impuissantes les caméras vidéos restent les seuls témoins d'une tragédie où l'on peut voir « un homme qui court après des enfants, qui en attrape et qui met une balle dans la tête à un enfant de huit ans ».
Une soixantaine d'années plus tôt, des enfants se voyaient coudre une étoile jaune sur leurs vêtements, ô combien se sont demandés pourquoi ! Et quelques semaines plus tard, les mêmes étaient réveillés par des hommes en noir, mandatés par la France, qui les arrêtaient, vidaient leur maison, et les envoyaient dans les convois de la mort. À peine arrivés, pour la plupart, leur jeune âge ne leur permettant pas de travailler, c'est aux chambres à gaz qu'on les envoyait. Ils mouraient dénués d'humanité, loin des leurs, sans un vêtement, sans un bijou, sans même un cheveu, asphyxiés par les vapeurs du diable. Sans doute certains n'auront pas eu le temps de comprendre qu'on leur reprochait simplement d'être nés juifs, d'autres ne savaient même pas ce que signifie ce mot.
Qu'ont-ils pensé ce matin ces enfants qui n'ont pas eu le temps de vivre une vie digne de ce nom ? Ont-ils eu le temps de comprendre qu'on leur en voulait à mort ? Pourquoi cet homme leur courait-il après ? Pourquoi les a-t-il attrapés ? Qu'est-ce cet objet qu'il tenait dans sa main ? Pourquoi cette petite tête pas encore terminée de former explose-t-elle ? Ah ! L'arme 9 mm s'enraye, c'est peut-être la fin, Dieu est avec nous... non ! Il ressort l'attribut du crime, un 11,43, celui qui a coûté la vie à trois militaires d'origines maghrébine ou guadeloupéenne quelques jours plus tôt, et la tuerie continue...
Et ce Rabbin, lui, lui qui connaît l'histoire, lui qui ne passe pas une journée sans penser à l'horreur nazie, lui voix d'un peuple par tous les temps persécuté, qu'a-t-il pensé à la vue du tueur, a-t-il cru à la fatalité de l'histoire, du destin ? Le cauchemar recommençait, il ne s'en est pas réveillé.
Pourquoi toute cette cruauté ? Pourquoi faire ce mal gratuit ? Pourquoi tuer de manière si froide, presque raisonnée ? Pourquoi l'horreur ? POURQUOI ? POURQUOI ? Viens me l'expliquer ! Lâche !
Est-ce un crime que d'avoir une foi ? Est-ce un crime que d'être juif ? Est-ce un crime ?
Non. Certainement pas.
La peur de la différence, les haines attisées, ont donné naissance à ce drame. Tant d'hommes et de femmes, d'enfants et de vieillards sont déjà tombés parce que des idiots croyaient que les autres, les êtres différents, étaient responsables de leurs malheurs. L'homme qui a sévi à Toulouse était froid, précis, déterminé, il n'a rien laissé au hasard, avait emmené deux armes avec lui, la haine commande sa raison. Pourquoi ? Que leur reproche-t-il ? Quels seront les suivants ? A ces questions, il détient seul la réponse.
En attendant de le voir assis dans son box, devant la justice des hommes, celle qui place chacun sur le même plan, celui de l'humanité, en attendant de le voir juger, que nous reste-t-il ?Faut-il céder à la psychose et s'arrêter de vivre ? Non ! Sinon cela veut dire que ces enfants sont morts pour rien ! Nous n'avons pas le droit d'avoir peur, nous devons être en colère et nous battre ! Nous battre contre l'intolérance ! Nous battre pour que la République reste unie ! Nous battre contre les diviseurs ! Si nous menons ce combat, cela veut dire qu'il a tout perdu, nous sommes tous unis, il demeurera seul, et son arme ne lui fera pas garder bien longtemps sa toute puissance. Nous n'avons pas le droit d'avoir peur ! Je n'ai pas peur, je ne changerai pas mes habitudes, et comme ces enfants, comme vous, demain je marcherai seul dans la rue, avec pour me défendre quelques mots qu'il ne peut entendre. Adviendra ce qu'il adviendra, mais ce dont je suis sûr, c'est que la justice finira bien par triompher, ce n'est pas possible autrement.
Non, toi que je ne connais pas, tu ne réussiras pas. La République est trop forte. Le sang que tu as fait couler irriguera la mémoire collective, jamais nous n'oublierons que la guerre pour la tolérance est un combat perpétuel, toujours nous serons plus nombreux, non jamais tu ne triompheras. Dans quelques années, un homme en noir se lèvera pour te défendre, certains s'en offusqueront, je trouverai ça légitime. D'atténuation de peine, il n'essaiera de t'obtenir, mais sûrement nous parlera-t-il de toi, nous pourrons peut-être comprendre ce qui t'a emmené à commettre le pire, et pendant quelques heures, tu seras sur le devant de la scène, enfin la société se tournera vers toi. Pourtant, il ne lui faudra pas bien longue réflexion, pour s'emparer de toi et te mettre à jamais de côté. Car nous, les hommes civilisés, nous ne tuons personne, non, nous sommes plus cruels, nous vous condamnons à l'enfermement, à la solitude, à la folie.
Le drame de ce matin nous touche tous, parce que nous sommes tous des hommes. Nous sommes tous concernés, nous avons tous une carte à jouer pour la paix, la liberté, et la tolérance. Les petites actions de chacun feront la grandeur d'un peuple uni. Montrons, nous hommes sensés, aux fanatiques, qu'ils ne gagneront jamais et tendons la main à leurs enfants pour les ramener dans la paix et l'union, nul n'est coupable que de ses propres crimes.
***
Samedi 7 avril, 16h15, je me souviens.
Je me souviens de la mort sur-médiatisée d'un homme à l'âme charcutée ; je me souviens d'une justice qui s'évapore laissant la place à tout fantasme ; je me souviens d'un géniteur nauséabond ; je me souviens du bal des récupérations politiques ; je m'en souviens, j'ouvre le journal et des arrestations pas dizaines me sont contées, je me dis que les non-lieux pleuvront aussi par dizaines dans quelques mois. Je me souviens et me dis que je ne suis qu'idéaliste. Pourtant.
Je me souviens de larmes ; je me souviens d'une place pleine à craquer, de toutes les religions, de tous les genres, de toutes les couleurs, colorée ; je me souviens de rues remplies de tout ce qu'une foule peu donner de monde ; je me souviens d'une concorde.
Certains ont déjà oublié, d'autres n'oublieront jamais.
Je me souviens, et j'espère.
***
« Venus de tousles continents, croyants et non-croyants, nous appartenons tous à la même planète, nous appartenons tous à la communauté des hommes. » Simone Veil
Par Aurélien Vitrac
Est-ce le beau temps que l'on voit là-bas ou simplement une éclaircie ? À quelques semaines de la présidentielle la question est entière, et j'avoue avoir du mal à être optimiste... Si l'éviction de Nicolas Sarkozy semble être, outre une nécessité absolue pour la France, possible, le sortant-perdant se bat avec force au point de n'être aujourd'hui plus qu'à un point de François Hollande dans les sondages. Mais bon sang ! Si je comprends humblement que l'on soit tombé dans la panneau en 2007 (et combien, y étant moi-même tombé...) comment ne pas s'être réveillé depuis ? Il nous avait parlé de travail, ah la valeur travail ! Y a-t-il fait hommage, à cette valeur travail, à la France « qui se lève tôt » en se prélassant sur le yacht d'un milliardaire ? En allant fêter la réussite de ce qui s'est révélé être une tromperie au Fouquet's ? Non. Pire, le travail il l'a amoché, dégradé.
Prenons tout d'abord sa mesure phare : les heures supplémentaires. C'était formidable ! Sauf qu'il avait oublié de préciser que ça se ferait après négociation avec l'entreprise, et que chacun sait que le dialogue employés/patronat c'est comme un procès d'assises, il y en a qui part perdant, l'employé dans un cas, l'accusé dans l'autre. Et il arrive même parfois que les deux se rejoignent, regardons en effet les conditions de travail dans le privé, et même dans le public, tout est bâclé, salopé dans la vitesse et le manque de moyen. Le cadre est payé à la tâche pas à l'heure et gare à lui s'il vient se plaindre du manque de temps, on lui fera gentiment comprendre que le fautif n'est autre que lui qui ne sait pas travailler (et qui s'étonne des suicides, le travail s'est déshumanisé !). L'enseignant qui ne peut fonctionner convenablement avec les moyens qui lui sont impartis se verra retourner devant l'opinion publique qu'il est fainéant, gâté. Le magistrat qui fait son métier avec passion se verra reprocher la récidive alors qu'il a demandé il y a plusieurs semaines déjà la mise en place d'une mesure de suivi, non exécutée faute de moyen... Toujours coupable le travailleur. Mais M. Sarkozy n'en a que faire du travailleur, non, lui il bosse pour les patrons, et quand il baisse les charges sur le travail on s'attend à des embauches, mais non, j'avais oublié, nous sommes en crise...
Ah la crise ! Bel alibi, belle aubaine pour lui. Elle excuse tous ses échecs et le montre en sauveteur, alors qu'en fait elle n'est que la résultante d'une politique, que dis-je, d'une philosophie qui a privilégié l'argent sur les Hommes, prise à l'insu de ceux qui en pâtissent, à laquelle il adhère pleinement puisqu'il en profite et qui est devenue aujourd'hui incontrôlable. De plus, il n'est en rien le sauveur pour la pure et simple raison qu'il se laisse guider sa politique par l'Allemagne ainsi que par les acteur financiers européens, la finance nous plombe et nous dirige, les peuples ont perdu leur souveraineté ! Est-ce donc cela qu'est devenue la belle Europe, à laquelle je crois toujours et encore, née sur les ruines des champs de bataille ? N'a-t-elle pas vu, elle qui s'est construite en symbole de paix, sur le drame humain, qu'il fallait tout faire pour le rester, humain ? Nous y reviendrons plus tard sans doute, mais revenons au petit Nicolas. Et passons au chômage, et c'est magique le chômage ! Vous ne pouvez pas venir à un entretient pour cause réelle, sérieuse, telle de la neige sur la route par exemple, et hop ! Vous n'êtes plus au chômage, vous êtes rayé ! Ainsi la courbe descend, puis remonte alors on fait une séance de radiation, et ça redescend... Et puis aussi, bien sur, arme secrète du régime Sarko, on stigmatise, le populisme ça marche à tous les coups ! Hop ! On stigmatise les chômeurs, ce sont des fainéants, pourquoi une femme seule avec deux enfants refuse-t-elle trois offres d'emploi lorsque la distance ou les horaires rendent ces emplois incompatibles avec sa vie de famille ? Oui, d'abord pourquoi ? Espèce d'assistée va ! Parce que pendant ce temps là, le gouvernement, lui, bosse dur, et grâce à ses efforts le pouvoir d'achat a « progressé de plus de 6% depuis 2007 » (François Fillon, interview dans Le Monde du 14 février dernier)... Bon ce que l'on oublie de dire c'est que dans le pouvoir d'achat on compte aussi le matériel hi-fi dont le prix a en effet considérablement baissé (plus qu'a augmenté le prix des œufs ou du lait, heureusement au fond...) mais premièrement il reste hors de prix pour les ménages pauvres, mais secondement et principalement que foutent-ils dans le calcul du pouvoir d'achat, cela fausse tout ! Et comme le disait Anne Roumanoff « on va pas faire à bouffer un steak d'écran plat » !
Je voudrais revenir sur les stigmatisations. C'est sur ce point précis qu'il y a maintenant deux ans, je me suis dit, stop, on arrête là l'arnaque de la décennie. On attend d'un président de la République qu'il unisse le peuple, pas qu'il le divise. Or qu'a fait M. Sarkozy ? Au lieu de se remettre en question, il n'a eu de cesse de sentir les sensibilités du peuple pour en titillé les plus bas instincts en désignant à chaque problème des coupables. Je parlais tout à l'heure des chômeurs au sujet desquels Sarkozy veut un référendum... Il place là l'opposition dans une position délicate, car il est adroit le petit Nicolas ! En effet s'ils s'y opposent ils méprisent le peuple... Rama Yade a toutefois fait un commentaire là-dessus qui m'a beaucoup plu, elle a dénoncé le fait que l'on demande à l'ensemble du peuple le fait de se prononcer sur une minorité, qui est, qui plus est, et là c'est moi qui reprend les commandes de la réflexion, dans une position de faiblesse. Alors que le référendum est un moyen lourd de consultation lorsque c'est de la Nation entière dont il est question. N'est-ce pas là une volonté de diviser... pour mieux régner ? Mêmes stigmatisations avec les étrangers, les immigrés, ça en devenait insupportable ! Récemment c'est Claude Guéant qui a une nouvelle fois chargé. Inutile de rappeler ses honteux propos, mais c'est juste à se demander s'il est idiot ou salop ? En effet qu'est-ce qu'une civilisation ? C'est un peuple, dans le sens qui transcende l'Histoire ! Les arabes ont apporté à l'Humanité des connaissances fabuleuses en sciences, notamment en astronomie, en médecine, en mathématiques... Alors donc de deux choses l'une, soit Guéant ne sait pas ce qu'est une civilisation et voulait parler des coutumes de certains, et dans ce cas là c'est un idiot. Soit, il savait bien sur la signification du mot civilisation et a souhaité choquer volontairement, sachant que le peuple ne ferait pas la différence et lui renverrait des lauriers parce qu'il a dit une vérité et se fait lyncher... Et dire que le gouvernement et l'UMP ont eu le culot de jouer les horrifiés après la question du député Serge Letchimy qui avait totalement raison ! Dire qu'une civilisation vaut mieux qu'une autre c'est estimer les ethnies, les classer par ordre de valeur, c'est placer sa civilisation comme la parfaite, c'est l'idéologie nazie n'en déplaise à ces députés qui se comportent comme des singes à l'Assemblée n'étant là que pour faire majorité, telle la cour de Versailles... D'ailleurs parfois Sarkozy les y convoque. Je laisserai sous silence le cas Vanneste ENFIN exclu ! Il aura fallu à l'UMP plus de dix ans, dérapages homophobes sur dérapages homophobes, et surtout le fait que l'on soit en pleine campagne, pour réagir ! C'est bien, mais c'est tard. Quand je pense au pauvre Benjamin Lancar (patron des jeunes UMP) qui avait été secoué par Vanneste parce qu'il avait eu le courage de dire à Têtu qu'il était pour le mariage gay et l'adoption par des couples homo, du coup, il n'a pas eu le même courage quand il a refusé de répondre à Yagg qui lui posait une question sur son orientation sexuelle... En même temps, les longs silences sont parfois plus parlant que les mots, surtout en politique !
Voilà donc parti Sarkozy en campagne, avec à ses côtés le paumé Morin et la mère Boutin qui a réussi à lui faire dire que le mariage gay et autres évolutions du droit de la famille sont des « mode[s] », l'égalité est donc une mode, les républicains apprécieront. Et pour lui ouvrir la route Frédéric Nihous et son fusil de chasse... Pitoyable tableau. Il est prêt à tout pour tout faire oublier. Il prend les français pour des cons, et je dois avouer que parfois c'est à se demander s'ils ne le sont pas... c'est peut-être d'ailleurs pour ça qu'il a autant bombardé l'éducation. Une tête cultivée ça pense, la réflexion est dangereuse pour celui qui a quelque chose à cacher. Bien sur il va nous sortir le fameux « voyez l'état des caisses, les créations de postes d'Hollande sont impossibles, vous n'avez pas le choix, votez pour moi ! »...
Je sais bien que personne ne lira cet article, mais j'ai un pari à faire. Je parie qu'une France unie peut aller loin, et pour être unis il nous faudra être égaux et fraternels. Je parie que l'on peut faire payer ceux qui le peuvent pour une fois, non ce n'est pas démagogique, c'est de la solidarité ! Je parie que les économies de postes pourraient se faire ailleurs que sur le terrain, pourquoi pas chez les administratifs, informatisons après tout ! Je parie qu'il est temps de jouer groupés, Hollande a raison lorsqu'il dit que dans leur dernière année de travail les plus âgés devraient apprendre aux plus jeunes, le retraite serait certes plus tardive, mais ils auraient alors l'impression d'avoir vraiment passé le flambeau, pas d'avoir quitté un navire qui coule en disant aux jeunes qu'ils voient à l'entrée « je vous souhaite bon courage... ». Je parie aussi que l'on aurait rien à perdre à s'ouvrir, laissons la Le Pen là où elle est, couler seule puisque son refus de débattre ainsi que les œuvres de Claire Checcaglini et Caroline Fourest finiront bien par la révéler telle qu'elle est : arépublicaine, adémocratique, princesse de la haine ! Ouvrons-nous mais tout en avançant couverts. Le produire français de qualité est une très bonne idée, mais il faut aller plus loin, créer un véritable schéma de développement européen qui limiterait la concurrence intra-Europe en aval, et mettons en amont de lourdes taxes à l'importation hors UE. Et puis surtout, je parie que l'on dise au monde de la finance « stop, on arrête là ! » plus jamais quelques fous derrières des courbes ne doivent pouvoir mettre des pays en faillite ! Plus jamais ! Les règles seraient bien simples, mais il faudrait que les gros fassent des efforts, mais il faudrait surtout du courage. Je mise tout sur le courage. En même temps je sais, c'est pas trop risqué, aucun n'en a...
Le courage il manque et de manière effarante aux puissances démocratiques pour intervenir, sans l'accord de l'ONU, au nom de la paix, en Syrie, mettre fin aux massacres, au lieu d'aller faire semblant de combattre Al-Qaïda en Afghanistan ! La Chine et la Russie seraient sans doute étonnées de voir la puissance de la liberté, si les puissances démocratiques s'allient. C'est aussi de cette manière qu'il faut savoir impressionner.
Ça y est, l'inspiration me manque, ces brèves de campagne s'arrêtent donc là. J'espère au moins que vous avez compris le message, un orphelin politique qui s'il devait voter le ferait par dépit vous en supplie, à défaut de mieux virez Sarkozy !
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